Accueil · Actualités · Récit de la 7ᵉ édition

Kania Soly,
bien plus que la danse

Trois jours de fête en surface — et, dessous, un écosystème qui forme, connecte et construit toute l'année. Le festival est la partie visible d'un travail bien plus vaste pour Kindia.

On vient au Kania Soly pour la danse, et l'on a raison : le Soly, gardé par les Yongoyeli, est un patrimoine vivant d'une force rare. Mais réduire le festival à ses 72 heures serait manquer l'essentiel. Autour de la fête, l'Association Kania Diyé a construit un écosystème où la culture sert de levier à la formation, aux rencontres professionnelles et au développement local — toute l'année.

Premier pilier : les formations. Pendant le festival, les rendez-vous « Formations » et « Artisanat et femmes de Kindia » mettent les savoir-faire au programme : teinture, saponification, tissage, entrepreneuriat — pour les jeunes et pour les femmes du terroir. Et le reste de l'année, l'AKD prolonge l'effort : en octobre 2026, elle formait des jeunes de Kindia aux techniques de production audiovisuelle et clôturait une formation en entrepreneuriat sportif. Autant de compétences qui ouvrent des portes bien après la fête.

L'association et les festivaliers pendant les 72 heures
Un écosystème à l'année autour de la fête. © Festival Kania Soly – AKD

Deuxième pilier : les rencontres professionnelles, qui ouvrent Kindia sur le monde. En juin 2026, le coordinateur du festival, Youssouf Coné, faisait partie de la délégation d'opérateurs culturels guinéens accueillie en immersion par le festival Nuits Métis, en France. En octobre 2026, l'association jouait un rôle clé dans le projet de formation des jeunes né du partenariat entre Kindia et la ville française d'Espalion, lancé à la Maison des jeunes de Kindia. Des expériences et des réseaux qui reviennent au pays — et qui nourrissent les prochaines éditions.

Troisième pilier : le développement local, concret et visible. L'école primaire de Gada Wawa réhabilitée, l'Arc de Bienvenue inauguré en mai 2026 à l'entrée de la ville, 1 500 livres remis à la bibliothèque de Manquepas, deux forages offerts aux districts de Tanènè et de Sèguèya, des enveloppes pour tous les lauréats des examens nationaux de Kindia : l'AKD laisse des traces durables, bien au-delà des trois jours de fête.

Alors oui, le Kania Soly est une fête de la danse. Mais c'est aussi une école, un réseau et un chantier permanent. C'est pour cela qu'il compte tant pour Kindia — et que ses perspectives parlent d'un fonds d'excellence scolaire, d'un centre culturel, et de l'inscription du Soly au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Bien plus que la danse, vraiment.

Morel Sylla

Par Morel Sylla

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