Accueil · Actualités · Récit de la 7ᵉ édition
Avant d'être une fête, un festival est une machine qui tourne — et à Kindia, ce sont les jeunes qui la font tourner. Pour beaucoup, les 72 heures du Kania Soly sont un premier vrai terrain d'apprentissage des métiers de l'événementiel.
On ne monte pas trois jours de fête pour des milliers de visiteurs sans bras, sans têtes et sans organisation. En coulisses de la 7ᵉ édition, pendant que la danse Soly occupait la Place des Martyrs, les jeunes de Kindia étaient partout : à l'organisation des huit rendez-vous des 72 heures, à l'accueil du public et des invités, à la logistique qui installe, déplace et range, à la sécurité qui veille sur la tranquillité de la fête, à la communication qui fait vivre l'événement avant, pendant et après, et à l'animation qui donne son rythme aux places publiques de la ville.
Pour nombre d'entre eux, ces journées sont un emploi temporaire — une activité réelle, au cœur d'un événement réel, avec des responsabilités réelles. Mais l'essentiel est peut-être ailleurs : dans l'expérience gagnée sur le terrain. Tenir un poste d'accueil face à des milliers de visiteurs, coordonner une équipe, gérer un imprévu en pleine soirée de concert, filmer, photographier, sonoriser, informer : ce sont des compétences concrètes, celles des métiers de l'événementiel, qui s'apprennent en faisant — et qui restent, longtemps après que la Place des Martyrs a retrouvé son calme.
Cette dynamique ne s'arrête pas aux 72 heures. La formation des jeunes est le chantier permanent de l'Association Kania Diyé : en octobre 2026, l'association formait des jeunes de Kindia aux techniques de production audiovisuelle, et clôturait le même mois une formation en entrepreneuriat sportif à Kindia. Le festival et les formations se répondent : l'un offre le terrain d'application, les autres structurent les savoir-faire — image, son, organisation, esprit d'entreprise.
On comprend alors pourquoi les sept commissions de l'AKD — Culture, Formation, Affaires sociales, Communication, Organisation, Sécurité, Relations — ressemblent à une petite école des métiers de la fête : chacune est un atelier où l'on apprend en produisant, encadré par des aînés, au service d'un rendez-vous que toute la ville attend.
Une danse peut donc aussi faire grandir une génération. À chaque édition, des jeunes de Kindia repartent avec plus qu'un souvenir : une expérience à raconter, des compétences à faire valoir, et parfois une vocation. C'est peut-être la plus durable des retombées du Kania Soly.

Par Morel Sylla