Accueil · Actualités · Récit de la 7ᵉ édition
Kindia, du 26 mai au 1ᵉʳ juin 2026 — la 7ᵉ édition du Kania Soly a d'abord été une fête de l'art : une programmation tenue, des prestations habitées, et une danse qui a retrouvé toute sa majesté.
Il y a des éditions qui comptent double. Celle qui s'est tenue du 26 mai au 1ᵉʳ juin 2026 à la Place des Martyrs de Kindia restera comme celle où le Festival Kania Soly a pleinement assumé son ambition première : mettre la tradition au centre, et la servir avec exigence. Devant plus de 3 000 participants, la 7ᵉ édition a été, de l'avis de tous, une réussite artistique.
Au cœur du dispositif, la danse Soly. Danse de duel et d'affrontement, née dans le Kania et transmise par les initiés de l'école du Laga, elle a été présentée en plein air, devant toute la ville, comme aux premiers jours. Les démonstrations se sont succédé avec une intensité rare : précision des pas, fierté des postures, communion immédiate avec un public qui connaît les codes et ne pardonne pas l'à-peu-près. Kindia a reconnu sa danse — et l'a acclamée.
Rien de tout cela sans la percussion. Le balafon et le djembé ont accompagné les danseurs de la première à la dernière démonstration, portant le rythme, relançant l'énergie, dialoguant avec les pas. Cette conversation entre les instruments et les corps est la signature sonore du Kania Soly : elle ne s'improvise pas, elle s'hérite. Et ce sont les Yongoyeli, les initiés gardiens des pas, qui en détiennent la grammaire. Leur présence au cœur de la programmation n'est pas un décor : c'est la garantie que ce qui se danse à Kindia reste fidèle à ce qui se transmet, de génération en génération, depuis l'école du Laga.
Autour de ce noyau patrimonial, la programmation a tenu son équilibre : grand concert sur la Place des Martyrs, soirée de contes et légendes où la parole des anciens a retrouvé son public, artisanat et savoir-faire des femmes de Kindia à l'honneur. Chaque rendez-vous a servi le même récit — celui d'un terroir qui se raconte lui-même, avec ses artistes, ses gardiens et ses rythmes.
À l'heure de préparer la 8ᵉ édition, le cap est donc clair : garder cette exigence artistique, qui a fait ses preuves devant plus de 3 000 participants, et l'offrir à un public plus large encore. La danse a montré la voie. Il reste à la suivre.

Par Morel Sylla
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